Pourquoi nous ne sommes pas à la télé…
par Nicolas Bazz
Sur ce coup là mes amis, nous fûmes utopistes mais pas trop réalistes.
Notre analyse était la suivante :
La télévision c’est génial, on peut dire plein de trucs à plein de gens !
La sitcom c’est trop bien ! (si c’est pas trop laid et écrit en moins temps qu’il n’en faut pour la diffuser) on peut raconter une histoire, pleine de sous histoires, qui existe dans le temps (dans l’actualité donc, ET dans la durée) et qui coûte pas cher!
Vu qu’il existe des chaînes à la pelle et que si la ménagère de moins de 50 ans, notre chère référence, a bien le droit à ses programmes, il devrait y en avoir qui concernent un peu les autres aussi… ça ne devrait pas être trop compliqué, au coût proposé, de trouver un diffuseur.
Aussi sec, avec mes amis, Frédo Volovitch et Tonio Réjasse, on se lance dans l’écriture pendant que Ann (Barrel, notre productrice bien aimée) et moi, on organise la prod de pilotes.
Tournage de 5 jours, bien martien, dans les rues du 18ème principalement, avec pléthore de comédiens et quelques bons techniciens.
On monte, on truque, on étalonne à Ombres en quelques semaines, on organise une petite cession d’enregistrement des musiques (capital !), on fait les choses bien avec zéro pognon.
On prépare notre dossier avec les pilotes, un business plan, des tas de budgets, une première saison de planifiée (24x2 épisodes de 13 minutes) et des idées sur les 2 saisons à venir… pas rien.
Et là on se tourne vers les télés… des tours immenses pleines de gens pétés de trouille.
Ici on nous dit que c’est bien fun, mais un peu dangereux politiquement, quand même. Là on nous dit que c’est bien, mais qu’il faut le faire en public avec des rires et tout…
On les a toutes vues, elles nous ont toutes reçus plutôt aimablement, souvent intéressées, mais… non. Trop dangereux ou pas classable comme il faut.
Aujourd’hui, 5 ans après, des séries brillantes comme "Tenacious D", "My name is earl" ou "Arrested development" sont diffusées aux Etats-Unis et font un carton monstre, elles ont moult points communs avec "Frédo & Tonio" du coup on serait peut être moins dangereux… mais nous maintenant, on veut faire autre chose.
La conclusion de tout ça, c’est que s’il y en a qui font de la télé pour faire de la télé, tant mieux pour eux (tant pis pour vous), mais nous, c’est raconter des choses un peu nouvelles avec un style adapté qui nous intéresse. Sans ça, ça sert à quoi ?
Et puis, après tout, "Frédo & Tonio" existe. Des milliers de fans des Wriggles l’ont vue, et leur en parle encore maintenant, nous recevons des mails régulièrement sur la question, on est sur youtube, sur dailymotion et nous le maintiendrons sur notre site jusqu'à la mort d’Internet…
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